Un fraisier planté au mauvais moment peut survivre, mais il donnera souvent moins de fruits et demandera davantage d’arrosage. Pour réussir son installation au potager, je vous conseille de choisir la bonne saison, puis de préparer un sol drainé, riche et bien exposé. La période idéale, les exceptions au printemps, le choix des plants et les gestes de plantation font toute la différence.
Le bon calendrier pour récolter des fraises généreuses
- Septembre est généralement le meilleur mois pour planter les fraisiers.
- La période idéale s’étend de fin août à mi-octobre, hors gel et fortes pluies.
- Une plantation au printemps reste possible, surtout avec des plants en godet, mais elle demande plus d’arrosage.
- Respectez environ 30 à 40 cm entre les plants et 50 à 60 cm entre les rangs.
- Le collet doit rester au niveau du sol, jamais enterré.

Quand planter des fraisiers en pleine terre
Pour la plupart des jardins en France, la meilleure période se situe entre la fin du mois d’août et la mi-octobre, avec un avantage net pour septembre. La terre est encore chaude, les pluies commencent souvent à revenir et les températures sont moins éprouvantes pour les jeunes plants.
Installé à l’automne, le fraisier a plusieurs mois pour développer ses racines avant les fortes chaleurs. C’est ce qui explique qu’un plant automnal soit généralement plus robuste et plus productif au printemps suivant qu’un plant installé tardivement au printemps.
| Période | Avantages | Limites |
|---|---|---|
| Fin août à octobre | Bonne reprise, sol encore chaud, enracinement avant l’hiver | Éviter les périodes très humides ou les premières gelées |
| Février à avril | Plant facile à trouver, récolte possible la même année | Arrosages plus fréquents et récolte parfois moins abondante |
| Mai à juillet | Possible avec un plant en godet bien développé | Risque de stress dû à la chaleur et à la sécheresse |
Dans les régions aux hivers doux, comme le littoral atlantique ou le sud de la France, la plantation peut se prolonger jusqu’en novembre si la terre reste praticable. En zone froide ou en altitude, mieux vaut terminer avant les premières gelées durables.
Planter au printemps reste-t-il une bonne idée
Oui, à condition d’adapter vos attentes. Les jardineries proposent souvent des fraisiers en godet au printemps, et ces plants peuvent très bien reprendre. Ils ont toutefois moins de temps pour s’enraciner avant l’été, ce qui impose une surveillance régulière de l’humidité.
Pour une plantation printanière, choisissez des plants trapus, avec un feuillage sain et une motte bien formée. Les variétés remontantes, capables de produire plusieurs fois entre juin et les premières gelées, sont souvent les plus intéressantes dans ce cas.
Que faire des premières fleurs
Sur un jeune plant installé au printemps, je préfère souvent supprimer les premières fleurs pendant quelques semaines. Cette intervention retarde légèrement la récolte, mais elle permet au fraisier de consacrer son énergie aux racines et aux feuilles. Le résultat est généralement plus équilibré qu’un plant épuisé par une fructification trop précoce.
Si vous plantez en mai ou en juin, paillez immédiatement le sol et arrosez dès que la terre sèche en surface. Un fraisier en godet peut être planté presque toute l’année, mais il faut éviter les journées de canicule et les périodes de gel.
Choisir la bonne variété selon la récolte souhaitée
La période de plantation ne suffit pas à déterminer la récolte. Le type de fraisier joue aussi un rôle important, car toutes les variétés ne produisent pas au même moment.
- Les fraisiers non remontants donnent une récolte abondante, concentrée en mai et juin. Ils conviennent très bien si vous souhaitez préparer des confitures ou profiter d’une grande quantité de fruits en quelques semaines.
- Les fraisiers remontants produisent par vagues, de juin jusqu’à l’automne. Ils sont plus pratiques pour manger des fraises fraîches régulièrement, même si chaque récolte est souvent moins massive.
- Les fraisiers des quatre saisons offrent de petits fruits très parfumés. Leur rendement est plus modeste, mais leur goût rappelle davantage celui de la fraise des bois.
Pour un petit potager familial, j’aime associer une variété non remontante à une remontante. La première assure une belle récolte précoce, tandis que la seconde prolonge le plaisir jusqu’à l’automne. Des variétés comme Mara des Bois sont appréciées pour leur parfum, mais le choix doit aussi tenir compte du climat et de l’espace disponible.
Préparer le sol et planter sans erreur
Le fraisier apprécie un emplacement lumineux, idéalement exposé au soleil pendant au moins six heures par jour. Le sol doit retenir un peu d’humidité sans rester détrempé, car les racines supportent mal l’eau stagnante.
Un sol riche mais bien drainé
Avant la plantation, ameublissez la terre sur environ 20 à 25 cm et incorporez du compost mûr. Dans un sol lourd, ajoutez plutôt de la matière organique bien décomposée et améliorez le drainage. Je déconseille les apports excessifs de fumier frais, qui peuvent brûler les racines et favoriser un feuillage abondant au détriment des fruits.
Les étapes de plantation
- Trempez la motte dans un peu d’eau si elle est sèche.
- Creusez un trou légèrement plus large que la motte.
- Placez le plant en gardant le collet au niveau exact du sol.
- Rebouchez sans tasser fortement, puis arrosez copieusement.
- Ajoutez un paillage de paille, de feuilles broyées ou de copeaux bien décomposés.
Un collet enterré peut provoquer le pourrissement du cœur du plant. À l’inverse, une motte trop haute se dessèche rapidement. Ce détail paraît minime, mais c’est l’une des erreurs que l’on retrouve le plus souvent dans les plantations de fraisiers.
Laissez environ 30 à 40 cm entre deux plants et 50 à 60 cm entre les rangs. Cette distance améliore l’aération, facilite la récolte et limite l’humidité persistante autour du feuillage.
Les soins à prévoir après la plantation
Après une plantation automnale, arrosez régulièrement jusqu’à l’installation complète, surtout si septembre et octobre restent secs. Le paillage aide à conserver l’humidité, réduit les mauvaises herbes et évite que les fruits touchent directement la terre.
Au printemps, apportez une fine couche de compost mûr ou un engrais à dominante potassique. Le potassium accompagne la floraison et la formation des fruits, tandis qu’un excès d’azote produit surtout de grandes feuilles.
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Faut-il laisser les stolons
Les stolons sont les longues tiges qui donnent naissance à de nouveaux plants. Sur une jeune fraiseraie, je conseille de les couper pour que les pieds mères restent vigoureux. Vous pouvez en conserver quelques-uns uniquement si vous souhaitez renouveler vos plants, en les faisant s’enraciner dans de petits godets.
Évitez aussi de planter des fraisiers juste après des tomates, des pommes de terre ou des aubergines. Une rotation de quelques années réduit le risque de transmettre certaines maladies du sol. Dans un petit jardin, déplacez au moins la nouvelle ligne vers une zone qui n’a pas porté de fraisiers récemment.
Le calendrier simple à retenir pour votre potager
Si vous pouvez choisir librement, plantez vos fraisiers en septembre. Préparez la terre, installez les plants dans un sol frais et paillez aussitôt. Vous leur donnez ainsi les meilleures conditions pour s’enraciner avant l’hiver et démarrer rapidement au printemps.
Si vous achetez vos plants au printemps, ne renoncez pas pour autant. Choisissez des godets vigoureux, arrosez avec constance, protégez le sol du dessèchement et acceptez une récolte parfois plus modeste la première année.
Mon conseil le plus utile tient en une phrase : mieux vaut planter un peu plus tard dans une terre fraîche et bien préparée qu’en pleine chaleur dans un sol sec. Les fraisiers pardonnent beaucoup, mais ils récompensent toujours une plantation au bon moment et un arrosage suivi pendant les premières semaines.